jeudi 14 avril 2011

Le coeur au nord sur twitter


Depuis quelques mois, le Coeur au Nord est disponible sur twitter.
Si vous possédez un compte ou souhaitez en créer un, n'hésitez pas à le faire.
J'envisage de poster des liens vers des articles, des vidéos ou encore quelques anecdotes, histoire d'apporter un complément au blog.

A bientôt !

mardi 12 avril 2011

Islande : Elíasson remporte un prix littéraire


L'islandais Gyrðir Elíasson a remporté le grand prix littéraire du Conseil Nordique aujourd'hui mercredi. L'incroyable style artistique de son recueil de nouvelles Milli Trjann (entre les arbres) a touché le jury.
Né en 1961, Elíasson a écrit une dizaine d'ouvrages de poésie et cinq livres de prose.
Sa plume, très personnelle, marie avec élégance l'imagination créative lyrique et le réalisme.
Au total, 13 auteurs et poètes ont été nominés pour l'édition 2011 de ce prix.
L'année dernière, c'est la Finlandaise Sofi Oksanen qui avait gagné la récompense.
Elíasson recevra la sienne le 2 novembre prochain à Copenhague au Danemark.
Si ce n'est une courte histoire récemment traduite dans le recueil "Nouvelles d'Islande" publié aux éditions Magellan, l'oeuvre de Gyrðir Elíasson n'est malheureusement pas traduite en français.
Espérons qu’Éric Boury ou Catherine Eyjólfsson remédient à cette situation !

mercredi 6 avril 2011

Moddi : un écorché vif à la musique bouleversante

Le jeune artiste dont j’ai envie de vous parler aujourd’hui s’appelle Moddi. Il a 23 ans, voue un culte aux pulls norvégiens (!) et ne connait pas le douloureux complexe de la chute de cheveux. En vérité, Pål Moddy Knutsen (en entier sur la carte d’identité) se joue de tout artifice. Il en va de même pour sa musique. Bruts de mélancolie, ses textes et ses mélodies sont à l'image des paysages qu’il voit le matin quand il ouvre les yeux et regarde la mer, là-haut, près du cercle polaire.

Son premier album s’appelle Floriographie. Pour quelles raisons a-t-il voulu évoquer l’importance du langage des fleurs dans un opus où jamais on ne les voit ? Probablement pour transmettre une pensée en filigrane, une invitation à regarder et à écouter chaque élément de la nature, visible ou invisible : les vagues, le souffle du vent, les roches immobiles, chacun étant porteur d'un message.
Véritables plages de 5 à 7 minutes, ses titres sont marqués par des univers poétiques et des tristesses vagues, comme dans le bouleversant « a sense of grey ». On reconnaît les grands artistes au don qu’ils ont à vous faire imaginer, avec de minuscules détails, de véritables scènes imagées et ce, dès les premières mélodies. Avec Moddi, il n’est pas difficile deviner la beauté des montagnes norvégiennes, les ciels bousculés de nuages et la mer qui s’offre toute entière au regard. Cette mer de contrastes, qui donne aux hommes et leur reprend tout, parfois jusqu'à la vie.


Cette dualité, on la retrouve dans les morceaux du norvégien, dont la construction respecte un schéma bien établi, déterminé par deux ou trois minutes apaisées, qu’une véritable souffrance rattrape en plein vol. Je pense notamment à « smoke » ou à « stuck in the waltz », dont la langueur s’infiltre dans chacune de nos fêlures, pour nous permettre de saisir l’immense complexité d’un artiste écorché vif, évoluant entre tourmente et espoir. Des extrêmes que renforcent les cordes et les vents, violon, viole, guitare et accordéon.

Une fois les 8 titres écoutés (dont un bonus en norvégien !) Floriographie apparaît sans conteste comme un album triste. Mais pas de ces tristesses rongeantes qui s'installent durablement. Plutôt des tristesses de passage qu'une ode à nature enveloppent d’espoir. Un jeu d'équilibriste difficile mais que Moddi relève à la perfection.




vendredi 25 mars 2011

"Magazine littéraire" spécial littératures nordiques



Avant que le mois de mars ne s’achève, je ne saurais trop vous conseiller de vous procurer la dernière édition  du "magazine littéraire", qui consacre un dossier spécial aux lettres nordiques dont la vitalité actuelle est tout à fait exceptionnelle.  
Il suffit d’analyser les chiffres de vente des polars et autres romans du grand nord pour le comprendre, observer la fréquentation de festivals thématiques comme "les Boréales", ou encore s'intéresser à la multiplication des conférences et des expositions en lien avec les pays du nord. 

Plusieurs sujets ont retenu mon intérêt dans ce "magazine littéraire", à l'image des rivalités et imbrications linguistiques entre les sept langues qui coexistent aujourd’hui en Europe du Nord.
On les appelle les "langues nordiques" mais en réalité, certaines d'entre elles appartiennent à des familles linguistiques qui se côtoient mais n'ont rien en commun.
J'ai beaucoup aimé également le cours particulier proposé par six traducteurs nordiques (dont Eric Boury pour l'islandais) ou encore l'article d'Antoine Jacob (que vous retrouvez sur son excellent blog) sur les motifs et registres dont se nourrissent les auteurs nordiques pour écrire (surnaturel, burlesque, ironie).

Un dossier à lire sans aucune modération ! 

mercredi 23 mars 2011

Islande : The Sea, de Baltasar Kormakur

Dans l’avion qui survole les premières terres noircies d’Islande, Françoise, jouée par Hélène de Fougerolles se tourne vers son petit ami islandais et lui demande :

- « C’est comment ici, tu n’en parles jamais » ?
- « Tu veux vraiment savoir comment c’est ? Ma sœur s’est fait violer juste avant sa communion, comme la plupart des filles d’ici ; ça l’a pas mal perturbée. Quand mon père l’a su, il s’est contenté de la traiter d’imbécile. Il ne lui a plus parlé pendant 10 ans. Il lui a dit : les imbéciles se font violer par les imbéciles….. Voilà le genre d’endroit que c’est »

Convenons-en, il y a de plus jolies images pour définir l’Islande, ses villages isolés et les relations qui se jouent entre membres d’une famille. Mais à travers cet échange laconique, Baltasar Kormakur peint par petites touches le décor d'un long-métrage imprégné du poids des secrets de famille, de l’ennui et de ses dérives.

L’avion dans lequel Agust et Françoise sont installés s’apprête à se poser sur la piste du petit village de pêcheurs où vit toute la famille d’Agust. Son père, Thordur, sévère propriétaire d’une conserverie de poissons, souffre de la politique des quotas de pêche et de l’insistance d’un de ses fils qui, enlisé dans de sérieuses difficultés financières, le pousse à vendre son affaire. La situation est tendue, d’autant que Thordur se refuse à tout compromis. La seule issue à laquelle il accepterait de se plier consisterait à transférer les rênes de l’entreprise familiale à Agust, ce qui n’enchante personne.
L’ambiance est donc à l’image du décor boréal : sombre. Et le cœur pas vraiment à la fête. Pourtant, les premières minutes du film sont agréables, très drôles même. La famille que Kormakur nous présente est déjantée. La grand-mère tout d’abord, en véritable tatie Danièle Islandaise, passe le plus clair de son temps à balancer des vannes à tout le monde. Mais plus personne ne relève, pas même la cousine d'Agust. Le pied appuyé sur le champignon, c’est une habituée des excès de vitesse. Et pour échapper aux contraventions, rien de tel qu’une proposition (in)décente au seul flic du bourg : tu me touches les seins et on n’en parle plus. Autre personnage intrigant, cet ado mal dans sa peau qui se bâfre de hamburgers et joue avec avidité au flipper de la station-service.
Autant de scènes légères qui très vite vont se craqueler pour laisser place à un mal plus insidieux, plus brutal, que Kormakur raconte en privilégiant le registre de l’humour lugubre.

Dès lors, le film perd en intérêt, enchaînant les caricatures de mauvais goût sur l’Islande. Les secrets de famille explosent. La personnalité égoïste et vile des protagonistes ne les rend plus touchants comme au début mais détestables. Aux cris succèdent les révélations grotesques, aux révélations les coups et le sang ; pour au final livrer quel constat ? Je le cherche encore. Serait-ce celui du fatalisme ? de la résignation, de l'inextricable poids du destin familial ? 

Je me demande si ce n’est pas la jacquette du DVD qui m’aurait mené sur la mauvaise voie :  « Brûlant, glacé, le film culte venu d’Islande » est-il écrit…forcément, une telle accroche ne pouvait me laisser de glace. Un conseil tout de même, ne vous laissez pas impressionner par la photo. Cette scène est la seule scène charnelle du film. On y voit Agust en charmante compagnie ; non pas avec sa fiancée, mais avec sa cousine, qui est en fait sa demi-sœur….un des nombreux secrets de famille que vous réserve le film...

mardi 22 février 2011

Norvège : embauchez des aveugles !

Une grande campagne de communication lancée en Norvège par l’Association norvégienne des aveugles vise à promouvoir l’embauche des mal-voyants et des aveugles à travers des clips amusants et percutants.

Exemple avec cette publicité dans laquelle on devine un début d’acte sexuel entre un homme et une femme près d’une photocopieuse. 
Un homme rentre dans la pièce. On ne sait pas d'emblée qu’il est aveugle. 
Débute alors une conversation tout à fait naturelle entre lui et son collègue libidineux, lequel lui lance :
- « Ah, mais vous travaillez tard ce soir ! 
- « Oui, j’essaie de finir le rapport annuel »
- « C’était très bien, vraiment, la présentation que vous avez faite » enchaîne le chaud lapin. 
L’aveugle poursuit en demandant à monsieur s’il est satisfait de la photocopieuse
- « Oui oui, répond-il en enlevant sa chemise. Elle est silencieuse et rapide. Elle imprime 30 pages à la minute c’est ça ? » 
- «Non, 50 ».
  
Puis le slogan tombe : « pour éviter les rumeurs, embauchez un aveugle »  



Dans un des autres clips, on aperçoit une personne travailler seule dans le noir. Sa collègue ouvre la porte et lui demande :
- « Prête pour le déjeuner ?»
- « Je dois terminer mon article » répond l’aveugle.
Un autre slogan tout aussi cynique apparaît :  «Economisez de l’électricité, embauchez un aveugle.»



Et vous, que pensez-vous de cette campagne ?

jeudi 27 janvier 2011

Bocuse d'or : un trio scandinave !

Rasmud Kofoed

Récompenses en série pour trois pays scandinaves qui se classent en tête du palmarès des derniers Bocuse d’Or : première place pour le Danemark, deuxième pour la Suède, troisième pour la Norvège...

Certes, j’étais préparé à ce qu’un pays nordique se distingue ; mais de là à applaudir un trio scandinave, j’avoue ma surprise.
Pour être tout à fait honnête, j’avais placé de grands espoirs sur le Danemark car les grands chefs danois font preuve d’originalité en travaillant avec finesse et fantaisie des produits de saison qu’ils mêlent aux herbes, aux fleurs, aux champignons et aux baies…une tendance très "nature" qui plaît aux gourmets. 

A 36 ans, c’est Rasmud Kofoed, chef et propriétaire du restaurant Géranium à Copenhague (décoré d’une étoile au Michelin) qui remporte le Bocuse d’Or, la plus prestigieuse récompense gastronomique. 
Dans une ambiance survoltée et festive, insufflée par de nombreux groupes de supporters, les cuisiniers ont travaillé sans relâche durant cinq heures sur un exercice imposé autour de deux selles d’agneau d’Ecosse, une lotte entière avec sa tête, quatre tourteaux vivants et vingt langoustines.
Rasmud Kofoed a proposé au jury un rôti d’agneau au thym et aux airelles séchées, une épaule d’agneau aux petits oignons et une gelée de champignons garnie de pommes de terre et de ris d’agneau, de citron, de poireau et de raifort.
Quant à sa lotte, Kofoed l'a cuisinée avec du foin brûlé (oui, c'est possible) du thym, des légumes croustillants et des langoustines en gelée.
Déjà Bocuse d’argent 2007 et Bocuse de bronze 2005, Rasmud Kofoed s’entraîne depuis six ans pour gagner cette compétition internationale. 
Il repart avec un chèque de 20 000 euros, une reconnaissance de ses pairs et bien évidemment, une notoriété internationale...

Classement Final :
1- Danemark, Rasmus KOEFOED
2- Suède, Tommy MYLLYMÄKI
3- Norvège, Gunnar HVARNES
4- France, Jérôme Jaegle