mercredi 6 avril 2011

Moddi : un écorché vif à la musique bouleversante

Le jeune artiste dont j’ai envie de vous parler aujourd’hui s’appelle Moddi. Il a 23 ans, voue un culte aux pulls norvégiens (!) et ne connait pas le douloureux complexe de la chute de cheveux. En vérité, Pål Moddy Knutsen (en entier sur la carte d’identité) se joue de tout artifice. Il en va de même pour sa musique. Bruts de mélancolie, ses textes et ses mélodies sont à l'image des paysages qu’il voit le matin quand il ouvre les yeux et regarde la mer, là-haut, près du cercle polaire.

Son premier album s’appelle Floriographie. Pour quelles raisons a-t-il voulu évoquer l’importance du langage des fleurs dans un opus où jamais on ne les voit ? Probablement pour transmettre une pensée en filigrane, une invitation à regarder et à écouter chaque élément de la nature, visible ou invisible : les vagues, le souffle du vent, les roches immobiles, chacun étant porteur d'un message.
Véritables plages de 5 à 7 minutes, ses titres sont marqués par des univers poétiques et des tristesses vagues, comme dans le bouleversant « a sense of grey ». On reconnaît les grands artistes au don qu’ils ont à vous faire imaginer, avec de minuscules détails, de véritables scènes imagées et ce, dès les premières mélodies. Avec Moddi, il n’est pas difficile deviner la beauté des montagnes norvégiennes, les ciels bousculés de nuages et la mer qui s’offre toute entière au regard. Cette mer de contrastes, qui donne aux hommes et leur reprend tout, parfois jusqu'à la vie.


Cette dualité, on la retrouve dans les morceaux du norvégien, dont la construction respecte un schéma bien établi, déterminé par deux ou trois minutes apaisées, qu’une véritable souffrance rattrape en plein vol. Je pense notamment à « smoke » ou à « stuck in the waltz », dont la langueur s’infiltre dans chacune de nos fêlures, pour nous permettre de saisir l’immense complexité d’un artiste écorché vif, évoluant entre tourmente et espoir. Des extrêmes que renforcent les cordes et les vents, violon, viole, guitare et accordéon.

Une fois les 8 titres écoutés (dont un bonus en norvégien !) Floriographie apparaît sans conteste comme un album triste. Mais pas de ces tristesses rongeantes qui s'installent durablement. Plutôt des tristesses de passage qu'une ode à nature enveloppent d’espoir. Un jeu d'équilibriste difficile mais que Moddi relève à la perfection.

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6 commentaires:

  1. Merci de m'avoir fait découvrir cet artiste !

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  2. > Ravi Ellenore. L'album entier est magique. J'espère que tu l'apprécieras.

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  3. Je ne connaissais pas, j'aime bien.
    Merci aussi pour la découverte!

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  4. Après avoir découvert "smoke" il y a quelques jours, je cherchais les paroles sur le net et je suis tombée sur cet article, qui décrit très bien l'esprit de ce très chouette artiste qu'est Moddi.

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  5. J'ai beaucoup apprécié cet article! il décrit à merveille ce grand artiste. J'ai été charmée lorsque je l'ai découvert grâce à la chaîne youtube "Mahogany Sessions".
    Moddi c'est du sensible, c'est une grande bouffée d'innocence mêlée à de la souffrance, mais je retiens avant tout une douceur et un désir de vivre fort.

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  6. Bonjour, je suis tombé par hasard sur le titre smoke de moddi sur youtube, une mélodie très palpable dans la douleur, mais je n'arrive toujours pas à comprendre la véritable signification? parle- t-il d'une fille qu'il assimile à de la fumé ? ou parle -t -il vraiment de drogues ? Merci!

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