mercredi 10 novembre 2010

Suède : (po) potins : le roi est un chaud lapin !

On ne dirait pas comme ça, mais je suis un roi très coquin
La Suède nous fait une montée de fièvre depuis jeudi dernier. Une fièvre intense dont la presse fait ses choux gras. Au centre de toutes les ébullitions, le Roi Carl XVI Gustaf, qui derrière ses airs de ne pas y toucher est un véritable polisson porté sur la chose. 
Si cette attirance pour les plaisirs de la chair était restée confinée aux chambres feutrées du Palais Royal, je me serais gardé de tout billet sur ce blog. Oui mais voilà, les pulsions régaliennes ne semblent pas se porter uniquement sur la reine Silvia. 
Carl aurait en effet participé aux côtés de jolies jeunes femmes à des fêtes très débridées...

A l’origine de ces révélations, un livre d’investigation sorti jeudi dernier en Suède. Ecrit par trois journalistes, « Den motvillige monarken » ou «  le Souverain malgré lui » dépeint une sorte de Berlusconi du grand nord, au goût prononcé pour la gente féminine et les orgies. 
Un penchant pour les plaisirs charnels qui atteint son paroxysme dans les années 80 et 90 quand Carl Gustaf se rend dans des clubs de strip-tease suédois et étrangers lors de ses déplacements.
A première lecture, pas de quoi s’étouffer avec un krispolls. Sauf que la fréquentation de ces lieux de stupre, qui a duré des années, était parfois hebdomadaire.  
Selon Mille Markovic, criminel patenté aux rennes du Power Club, Carl venait tous les lundis passer du bon temps avec ses amis. Un invité prestigieux à qui Markovic pourrait offrir un mauvais cadeau en souvenir ; le truant menace en effet de rendre publiques deux vidéos de Carl en bien mauvaise posture.
Naturellement, les médias se délectent de tous ces potins, d'autant que des langues commencent à se délier. 
De nombreuses femmes prennent contact avec la presse, comme cette Désirée qui déclare au quotidien Aftonbladet avoir été invitée dans les années 80 avec dix autres filles dans la station de sports d’hiver d’Ǻre dans le nord du pays.  « Ils avaient mis des pancartes sur les portes de leur chambre pour dire qui devait coucher avec qui ».
C'est chaud le nord...

Imaginez la tête de la reine Silvia quand elle sera informée du scandale national créé par son chaud lapin de mari. Pour l’instant en déplacement aux Etats-Unis, elle est loin de se douter de l’intensité de tout ce remue ménage.
La reine Silvia il y a quelques années. "J'ai eu la fève, c'est moi la reine"
Carl, lui, n’a pas son visage des beaux jours. Alors qu’il chassait  l’élan dans le Sud-Ouest du pays (à défaut de chasser la gazelle), il a du tenir une conférence de presse et calmer les ardeurs des journalistes et des suédois, soulignant que tout cela s’était passé il y a longtemps et que sa famille et lui avaient tourné la page.

Au Palais Royal, personne n’a lu le livre et on ignore la suite que Carl XVI Gustaf compte donner à cette affaire.
Selon le service de presse de la couronne, aucune poursuite ne devrait être lancée à l'encontre des auteurs de l'ouvrage. Néanmoins, certaines coïncidences sont troublantes. Tove Meyer, l’un des journalistes à l'origine de  cette enquête a dû quitter avant-hier son poste à la radio suédoise.   

jeudi 4 novembre 2010

Entre ciel et terre, Jón Kalman Stefánsson


Le dernier roman de Jón Kalman Stefánsson est aussi le premier à avoir été traduit en français.
À « Himnaríki og helvíti » en islandais (l’enfer et le paradis), la version française a préféré « Entre ciel et terre ». 
Une œuvre qui interroge sur le pouvoir du langage, la beauté et le sens des mots ; ces mots qui exultent, ivres de vie, de joie et de rêves, ces mots qui souffrent aussi et nous renvoient à nos solitudes. 
Ces mots qui nous font et nous défont, à moins que ce ne soit l’inverse....


Sous ces hautes latitudes, le décor est rude.
Le lecteur arrive dans un petit village de pêcheurs en Islande, au fond d’un fjord de l’ouest de l’île.
Tout est gris et sombre. La terre, la mer et le ciel inhospitaliers.
Le vent souffle fort. Le froid cingle. 
Les images me reviennent au compte-gouttes. 
J’ai refermé le livre il y a trois mois mais je ne pouvais pas en parler, ni l’écrire tant il m’a bouleversé ; cette force, ce pouvoir dans les mots….
C’est la saison de la morue. Ici, quelques hommes vivent et meurent de la pêche. 
Bárður est un marin passionné de livres. Au moment où Jón Kalman Stefánsson le raconte, il s’enivre de la prose de Milton « le paradis perdu », au point d’en oublier sa vareuse au baraquement des pêcheurs. A ses côtés, un jeune garçon. On ne saura jamais son prénom. Lui aussi s’est laissé gagné par la magie des mots au point de vouloir « accomplir quelque chose dans cette vie, apprendre les langues étrangères, parcourir le monde, lire un millier de livres ».
Ce garçon est orphelin. Il ne lui reste qu’un frère qui vit loin derrière la montagne. Mais Bárður, c’est un peu son père, son frère et un ami…enfin, c'était. Car le vent glacial qui souffle sur la barque aura raison de lui. 
Esseulé, abandonné, le garçon voudrait rejoindre Bárður dans la mort, fuir la vie. Après tout, quand on ne connaît que le ciel et la mer, peut-on trouver sa place sur terre ?
Pourtant, c’est sur cette terre islandaise noire et glacée qu'il débute son voyage initiatique. Sur son parcours,  des personnages qui tous, derrière leurs apparences rugueuses et un brin austères, lui insuffleront la lumière qui lui permettra de reconsidérer sa destinée. 
Continuer de vivre, pour s’éloigner de l'obscurité.



"Entre ciel et terre" est un livre fort, qui lie le pouvoir des mots à la notion de liberté. Un grand poème, qui de la première à la dernière page, explore les secrets de l’âme humaine ; se heurte à ses parois enténébrées tout en y instillant lumière, espoir et amour.

Et le tout traduit avec grâce par Eric Boury….

Jón Kalman Stefánsson 
« Douce est la brise matinale, douce l’arrivée du jour. La suivent les notes mélodieuses, des oiseaux levés, qui l’oreille enchantent. Nulle chose ne m’est plaisir en dehors de toi. »



mardi 2 novembre 2010

Le régime nordique a le vent en poupe

En Islande, Suède, Norvège ou encore au Danemark, les habitudes alimentaires diffèrent quelque peu de nos modes d'alimentation "latins", culture, climat et géographie obligent.
Alors que trouve-t-on dans les assiettes ? 
Beaucoup de matières grasses riches en omégas 3 et en antioxydants ; ainsi, poissons des mers froides, graines, baies et autres choux régalent les amateurs. 
Un régime aux multiples bienfaits qui réduirait de manière significative les risques de maladies cardiovasculaires, le diabète mais aussi le cholestérol et de fait, prolongerait l’espérance de vie.
Sur la toile, dans les magazines et sur les étagères des libraires, les articles et autres ouvrages sur le sujet ne cessent de fleurir, au point de faire de l'ombre au célèbre régime crétois. 
Alors hier, je me suis dit qu'il serait tout de même intéressant de feuilleter un des nombreux bouquins proposés à la vente. 
Le dernier en date s'appelle « le régime nordique ». Il est signé Carole Garnier et Anne Dufour. 
Celles et ceux qui attachent de l'importance à la nutrition, au goût et au bien être devraient y trouver leur bonheur.




Les deux journalistes peignent les points forts d’une alimentation riche en omégas 3, en polyphénols « super-antioxydants » mais également en fibres et en vitamines D. 
On y trouve également un classement des aliments santé par excellence : saumon, myrtilles, cassis, choux, carottes ou encore avoine ou et huile de colza. Bref, une formule gagnante, celle qui mêle saveurs et petits prix et vise la santé optimale. 
D'ailleurs, les auteurs proposent aussi un programme santé minceur de quinze jours jalonné de recettes légères et efficaces : velouté de carottes au fenouil, mijoté d’agneau des bois, mousses aux myrtilles ;  les papilles des gourmands devraient pétiller.
Naturellement, un régime sans exercice n'aurait pas les mêmes résultats, voilà pourquoi quelques pages du bouquin sont consacrées au "Nordic way of life" : marche nordique, sauna et autres sports d'hiver...  Avis aux amateurs !
Me concernant, je préfère retourner à mes pølser, ma petite bière et ma tranche de pizza. C'est aussi ça le Nordic way of life !

jeudi 14 octobre 2010

Islande : un parfum inspiré d'un volcan



Quand il s’agit de faire preuve d’inventivité, les peuples du nord sont rarement en reste.
Mais qui eût cru qu’un jour, une jeune créatrice de bijoux islandaise puisse commercialiser des fragrances inspirées du volcan islandais Eyjafjöll ?
Une drôle d'idée que Sigrun Lilja Gudjonsdottir défend avec force. L'artiste affirme que depuis l’éruption du volcan, l’idée d’amener la puissance de la nature islandaise jusque dans les foyers ne cesse d’occuper son esprit. L'élaboration du parfum a donc été la meilleure façon de matérialiser son concept. Evidemment, pas question ici de relents soufrés. Seule l’eau issue du glacier et un peu de lave pour la déco seront utilisées.

Sigrun Lilja Gudjonsdottir, l'artiste à l'origine du parfum
Fabriqué près de Grasse dans les Alpes-Maritimes, le parfum offrira d’agréables touches citronnées (très islandaises !) et sera conditionné dans des flacons de formes cubiques, un morceau de lave accroché en pendentif au col.
Même s'il est difficile à prononcer, la jeune femme a tenu à baptiser sa création du nom du volcan « Eyjafjallajökull », pour que la nature islandaise soit représentée dans tout son éclat. Pour celles et ceux qui auraient quelques difficultés avec la langue des Vikings,  le nom sera précédé des trois initiales EFJ. Un geste de compréhension qui devrait être apprécié à l’étranger... 
Commercialisé dès la mi-novembre en Islande, Eyjafjallajökull  pourrait très vite rejoindre les zones hors taxes des aéroports.



vendredi 8 octobre 2010

Norvège : découvrez Rune Guneriussen


Depuis quelques jours, je ne cesse de les regarder.
Les installations et les photographies de Rune Guneriussen me fascinent. 
Discrètes, mélancoliques et captivantes, elles semblent sonder le caractère intérieur de chacun de ses contemplateurs.

L'un d'entre eux est aussi leur créateur.
Rune Guneriussen, 33 ans, artiste solitaire, est un habitué des grandes promenades au coeur des  paysages norvégiens. C'est dans ces espaces infinis qu'il puise l'inspiration.

Artiste conceptuel, Rune Guneriussen utilise des objets du quotidien et les photographie au coeur de la nature norvégienne.
Diplômé du Surrey Institute of Art and Design, sa carrière, déjà bien lancée dans son pays d'origine, s'apprête à connaître le même succès en Allemagne, en Estonie, en Pologne et en Bulgarie.

Toutes élaborées sur site, les structures de Guneriussen sont photographiées en fin d'action.
Le travail est hautement complexe et nécessite de longues heures de préparation et d'installation.
En France, il a fait sensation l'année dernière, dans le cadre de la nuit blanche. Ses créations, installées dans le parc parisien des Buttes Chaumont, avaient conquis le public.

Au parc des Buttes Chaumont de Paris en 2009.
Bonne nouvelle pour celles et ceux qui l'apprécient ou souhaitent le découvrir plus en profondeur, le norvégien revient dans l'hexagone. 
Ses oeuvres seront exposées à la galerie melanieRio de Nantes jusqu'au 29 octobre.


Les créations de Guneriussen ne délivrent pas un message en particulier. Pour l'artiste, c'est à chacun d'inventer sa propre histoire, d'avoir sa propre interprétation.
Si vous êtes du côté de Bayeux (14) ou comptez vous y rendre à l'occasion du festival nordique "les Boréales", sachez que Guneriussen exposera au Radar, 24 Rue Cuisiniers.



 Crédit photo: Rune Guneriussen

vendredi 10 septembre 2010

îles Féroé : mon coup de coeur du moment !


Avant le week-end, je tenais à vous faire partager mon coup de coeur musical du moment : Budam, un jeune artiste des îles Féroé au style totalement atypique.
Alors évidemment, son album est sorti il y a un petit moment déjà. 
Mais comme il n'est jamais trop tard pour écrire sur ceux qu'on aime, voici deux trois impressions après quelques écoutes en boucle.

Pour commencer, la pochette et le titre du disque sont globalement annonciateurs de l'atmosphère générale.
Comme un ciel ténébreux parsemé de timides parcelles azurées, "Stories of Devils, Angels, Lovers and Murderers" est un mélange de mélancolie, d'angoisse mais aussi d'espoir et de fête.
On ressent le fragile équilibre de l'artiste rêveur, traversé de doutes ; qui de ses voyages autour du monde empreinte aux autres un peu de leur lumière. Et de retour au pays, laisse s'échapper de ses valises quelques musicalités inspirées.
Il y a dans cette oeuvre tout à fait singulière des mélodies ourlées de blues, de jazz ou encore de rock, sans oublier quelques accents balkaniques colorés.
Euphorisant et désenchantant à la fois, l'opus de Budam plaira à celles et ceux qui aiment jouer avec le feu des émotions contrastées...



A l'occasion des Boréales de Caen, Budam sera invité résident durant trois semaines.
La soirée de présentation du programme 2010 offrira aux intéressé(e)s la possibilité de découvrir cet artiste hors norme.
Entrée libre sur réservation
vendredi 8 octobre 2010, à 19:30
Comédie de Caen / Centre Dramatique national de Normandie
Plus d'infos sur http://www.crlbn.fr/les-boreales/




jeudi 2 septembre 2010

Islande, Reykjavik : un maire fantasque


Si vous aviez la possibilité d’élire un maire tout aussi fantasque que son programme, un ancien chanteur punk, qui lorsque les occasions s’y prêtent, se travestit en femme et se promène perruque à l’air et sac à main fluorescent au bras, comment réagiriez-vous ?
Seriez-vous enthousiasmés par cette « fraîcheur de style », prompte à dépoussiérer la politique classique ou au contraire plus mesurés, considérant que la politique est une affaire sérieuse qui doit être arbitrée par des personnes de confiance, formées au difficile exercice de la gouvernance ?

Les habitants de Reykjavik, eux, on opté pour la première possibilité et ont accordé leur confiance à un  candidat totalement loufoque. 
Si ces élections avaient eu lieu avant la grande crise de 2008, les résultats auraient probablement été différents. Oui mais voilà, l’Islande, qui était autrefois l’une des nations les plus favorisées de la planète, a durement été frappée par le tsunami économique et financier mondial.
Et quand un évènement de cette ampleur touche un pays avec une telle rapidité, les habitants attendent de la classe politique qu’elle se réveille, réfléchisse et agisse à travers des actions effectives. Les politiques islandais, eux, ont péché par excès d'immobilisme, désemparés face à ce déluge. 
In fine, le constat est terrible : l’endettement de certaines banques dépasse de 10 fois le PIB du pays, la couronne dévisse, le taux de chômage bondit et certaines entreprises sont contraintes de devoir mettre la clé sous la porte.

Pour sauver l’île de la noyade, une immense bouée de sauvetage est nécessaire.
Et cette bouée, c’est Jon Gnarr qui la lance.

Au moment où il crée son « Meilleur Parti », Gnarr est loin d’imaginer la victoire de sa liste.
Personnage insolite, connu des islandais pour sa carrière (ratée) de chanteur rock, ses pitreries multiples et ses rôles de comédien à la télévision, il souhaite avant tout amuser les habitants de Reykjavik.
Ses projets ? « Un Disneyland à l’aéroport », « un seul Père Noël pour faire des économies » ou encore « des serviettes de bain gratuites dans toutes les piscines ».
Des accroches divertissantes qui au-delà de leur sens premier, traduisent la volonté d’en finir avec une politique traditionnelle à bout de souffle.

Et quand le résultat des votes tombe en juin dernier, « Le Meilleur Parti » arrive en tête avec 35 % des suffrages.
Un score satisfaisant qui, toutefois, ne permet pas à Jon Gnarr d’obtenir la majorité des sièges au conseil municipal.
Des alliances sont nécessaires.
Au terme de plusieurs jours de tractations avec ses opposants, une série d'accords est signée et un nouveau conseil municipal voit le jour.
Autrefois gris et un brin austère, le voici à présent coloré et plus joyeux. Les mères au foyer, les comédiens et les chanteurs punk y côtoient de « vrais » politiques.
Une cohabitation inédite mais peu surprenante sur une île où les contraires sont habitués à composer.

Jon Gnarr (à gauche) adore cultiver l'exubérance...

Après trois mois de gouvernance, faire un premier bilan de la politique menée par Jon Gnarr serait prématuré.
Mais sur place, son action est très appréciée. Les réflexions et les partages d'idées foisonnent.
Gnarr est un autodidacte bien entouré qui se fait très vite une idée sérieuse des choses.
A l'heure actuelle, son plus grand chantier est de faire de la capitale islandaise la meilleure ville au monde pour les piétons et les familles.
Naturellement, comme cet excentrique accompagne toujours un projet "sérieux" de son opposé fantaisiste, il oeuvre en parallèle sur un projet de jumelage entre Reykjavik et la vallée des Moumines, des trolls imaginés il y a 70 ans par une écrivain finlandaise.
Un enthousiasme sans limite qui fait désormais flotter au-dessus de "la baie des fumées"* d'agréables parfums d'allégresse et d'espérance.

Reykjavík ([ˈreiːcaˌviːk], en islandais, baie des fumées)