mercredi 25 novembre 2009

Norvège : inauguration de la 1ère centrale osmotique


Photo: Per hernholm
La Norvège a inauguré hier le premier prototype de centrale osmotique, une technologie qui exploite les réactions obtenues quand eau douce et salée se rencontrent.

Hier, tous les yeux du royaume étaient tournés vers le site de Tofte à une soixantaine de kilomètres d’Oslo. C’est dans une ancienne usine de chlore bâtie sur les rives du fjord que la compagnie norvégienne Statkraft testait une nouvelle technique : l’osmotique, processus naturel déjà bien connu qui permet notamment aux arbres d’absorber l’eau à travers leurs feuilles. Ici, il s’agit de travailler la rencontre de deux types de masses d’eau. Une douce et une salée. Ces dernières sont ensuite mises en contact à travers une membrane qui bloque le sel mais laisse passer l'eau. La première masse migre naturellement vers le contenant de la seconde, générant une pression qu'une turbine convertit en électricité. Pour l’instant, la puissance reste très limitée et ne dépasse pas les 4 kWh à plein régime. Mais l'objectif de Statskraft est de construire avant 2015 un exemplaire commercial de 25MW qui alimenterait 10 000 ménages.
Intéressée par cette nouvelle technologie adaptable à ses stations spatiales, la Nasa a déjà exprimé son vif intérêt. Et à deux semaines de la rencontre de Copenhague sur le changement climatique, le projet a reçu un très bon accueil de la part des défenseurs de l'environnement. Il permettrait en effet aux pays qui n'ont pas de pétrole, de charbon ou de montagne - pour l'hydroélectricité- de produire leur propre énergie tout en limitant les impacts négatifs sur l’environnement.


Inauguré par la princesse norvégienne Mette-Marit, le prototype, situé à Tofte à 60 km au sud d'Oslo, n'aura tout d'abord qu'une capacité de quelques centaines de watts, de quoi faire fonctionner une cafetière.

Source : aftenposten.no

lundi 23 novembre 2009

Quelques brèves du week-end


Ce week-end, il a de nouveau été question de la prochaine conférence des Nations Unies sur le climat qui se déroulera du 7 au 18 décembre à Copenhague.
En Norvège, on parlait plutôt de la "dangereuse" mutation du virus de la grippe A H1NI.

Le sommet de Copenhague
Dans quelques jours, les chefs d'Etat de 192 pays devraient se retrouver dans la capitale danoise pour tenter de dégager un accord international de réduction des effets de serre. Le projet consiste à limiter le réchauffement de la planète à 2° d'ici la fin du siècle.
En dépit de nombreuses réunions préparatoires, des désaccords subsistent entre pays riches et pays émergents.  Pour remplir cet objectif, il faudrait que les pays riches puissent réduire d'ici 2020 leur émission de gaz à effet de serre de 25 à 40 %. Les pays en développement, eux, aurait pour mission de les réduire de 15 à 30% par rapport à 1990.
On sait qu'à Kyoto, peu d'avancées avaient été notées. Les Etats-Unis - premiers pollueurs - avaient refusé de ratifier le protocole alors que la Chine, l’Inde et le Brésil - nations également pointées du doigt car fortes émettrices de CO2 - demeuraient des pays dits "observateurs", en vertu de leur statut de pays en voie de développement.
Pourquoi les pays qui s'engagent à réduire considérablement leur impact sur l'environnement devraient être des modèles de vertu quand les mauvais élèves s'autorisent des dispenses inconsidérées et limitées ? Le sommet de Copenhague devrait, une fois de plus, souligner les mêmes écueils. Je doute que les avancées soient à la hauteur des objectifs ambitieux de certaines "petites" nations.



Grippe A en Norvège
En Norvège, la grippe A H1N1 fait encore parler d'elle. Les autorités sanitaires du royaume ont annoncé, vendredi 20 novembre, avoir découvert une mutation potentiellement importante du virus H1N1 de la grippe A, susceptible de pénétrer plus profondément dans le système respiratoire, provoquant de fait, des maladies plus graves.
La mutation a été décelée dans les corps de deux patients tués par le virus et d'une personne malade.
Plus généralement, 23 personnes sont décédées du virus H1N1 en Norvège, un chiffre très élevé compte tenu de la faible population que compte pays (4.6 millions d'habitants). L'OMS se veut néanmoins rassurante, le virus restant "sensible aux médicaments antiviraux, l'oseltamivir et le zanamivir"  ainsi qu'au vaccin.

jeudi 19 novembre 2009

Danemark : 13 400 euros pour retourner dans son pays d'origine


De quelle façon inciter les immigrés à quitter définitivement un territoire ?
Le gouvernement danois pense avoir trouvé la réponse en augmentant de façon considérable la prime de retour au pays. On peut se demander si cette mesure ne va pas, à terme, "doper" l'immigration transitoire. En attendant, elle fait débat au Danemark.

11 000 couronnes danoises (1470 euros), c'est le montant actuel de la prime de retour au pays.
Le gouvernement libéral néo-conservateur prévoit de la multiplier par 10. Une décision conclue avec le PPD, le parti danois d'extrême droite et qui vise les immigrés et les réfugiés qui "ne veulent pas ou ne peuvent pas s'intégrer à la société danoise".

Depuis l'instauration du régime de rapatriement, 2524 personnes seraient retournées dans leur pays d'origine.

Les immigrés représentent 7.3% de la population totale au Danemark. Ils se composent pour la plupart de yougoslaves, d'irakiens, d'iraniens, de libanais, de somaliens et de turques.

mercredi 18 novembre 2009

Ibsen au Théâtre national de la colline


Cette année en France, l'héroïne des théâtres s'appelle Nora Helmer.
La poupée du dramaturge norvégien Henrik Ibsen est mise en scène dans cinq versions majeures dont une à Paris, au Théâtre de la colline.

Stéphane Braunschweig poursuit sa plongée dans l'oeuvre fascinante d'Ibsen. Après Peer Gynt, Les Revenants ou Brand, il arrive à la Colline avec un diptyque remarquable : Une maison de poupée et Rosmersholm. Les deux pièces abordent les thèmes de la liberté, de la contrainte sociale et de la vérité. Un peu moins aboutie sur la scène du Théâtre de la colline que Rosmersholm, Une maison de poupée demeure un classique du féminisme. Nora Helmer (interprétée par Chloé Réjon), est une jeune femme confrontée au vide de son couple. Une situation qui petit à petit, lui fait prendre conscience de son aliénation et de l'illusion du rêve bourgeois dans lequel elle vit. Elle abandonnera son mari et des enfants dans un acte d'une radicalité absolue.


Rosmersholm se penche sur la destruction d'un couple et d'un idéal de vie. Une exploration de l’être humain dans toute son intimité. Depuis la mort de son épouse, un ancien pasteur est rattrapé par le poids du passé et de la culpabilité. Sous l'influence de Rebekka, une jeune femme qui fut sa gouvernante, il va tenter d'échapper à un univers rigoriste. Mais à quel prix ? Une histoire superbement interprétée par chacun des acteurs. Le décor, épuré et austère, ajoute de la résonance au texte d'Ibsen.

Une maison de poupée et Rosmersholm, d'Henrik Ibsen. Mise en scène : Stéphane Braunschweig. Théâtre national de la Colline, 15, rue Malte-Brun, 75020 Paris. Tél. : 01-44-62-52-52. Les deux pièces sont proposées en alternance du mardi au vendredi, à 19 h 30 ou 20 h 30, et en intégrale, à 15 h 30 ou 17 heures, le samedi et le dimanche, jusqu'au 20 décembre, et du 9 au 16 janvier 2010. De 13 € à 27 €. Durée : 2 h 30 chacune. A Rennes du 3 au 7 février 2010, à Reims du 22 au 25 février 2010.
Photos : Elisabeth Carecchio.

lundi 16 novembre 2009

Quelques brèves...


Quels sont les deux sujets qui ont fait parler les Islandais et les Suédois ce week-end ?
Pour les uns, il s'agissait des derniers chiffres, peu concluants du chômage. Pour les autres, d'un troupeau de rennes, victime d'une terrible noyade dans le nord du pays.

A Reykjavik, le département islandais du travail a annoncé en fin de semaine dernière une augmentation du taux de chômage à 7.6% de la population active au mois d'octobre contre 7.2% en septembre, ce qui représente au total 12 682 demandeurs d'emplois dans un pays qui compte 320 000 habitants.
Avant l'effondrement du secteur financier en octobre 2008, le taux de chômage était inférieur à 2%.



Certains éleveurs Samés ont quant à eux du faire face à une véritable catastrophe vendredi soir en Laponie.  Pour des raisons encore mystérieuses, la partie de tête d'un troupeau de rennes de 3000 bêtes a fait demi-tour sur la rive du lac suédois Kutjaure, faisant céder la glace et entraînant dans l'eau des centaines de bêtes. Si certaines d'entre elles ont réussi à nager, envriron 200 se sont noyées.
Le lac Kutjaure, situé au-delà du cercle Arctique, est utilisé depuis des décennies par les Samés pour la migration de leurs rennes. Une telle perte entraîne des conséquences financières désastreuses pour certaines familles. Vendredi, dans la lumière bleutée du Grand Nord, deux hélicoptères aidaient les bergers à retirer les carcasses du lac.

vendredi 13 novembre 2009

Suède : on se vaccine contre la grippe A


Si la campagne de vaccination contre le virus de la grippe A peine à convaincre les français (hier, 93 personnes seulement se sont présentées dans les 18 centres du Rhône) en Suède, l’atmosphère est toute autre.

Une collègue suédoise me racontait il y a quelques jours que les campagnes de vaccinations gratuites ont commencé depuis un mois environ et qu’elles mobilisent les foules. Peut-être en raison des 2700 cas recensés et des cinq décès dénombrés.

Selon les villes, la mobilisation est différente mais à Stockholm et dans sa proche banlieue, la population patiente devant les centres. Et les vaccins se font selon les arrivages.

Exceptés quelques jeunes encore un peu rétifs, les suédois font confiance aux autorités. Dans ce pays aux 9 millions d’habitants, plus de 2 millions de doses ont déjà été distribuées.

jeudi 12 novembre 2009

Saisons intermédiaires


Photo : E.Lefevre
En Scandinavie, les saisons intermédiaires sont toujours timides et discrètes. A peine ont-elles coloré un paysage qu’elles repartent, d'un pas alerte.

Il en est ainsi pour l’automne.

En Norvège et en Suède, les landes ont roussi depuis longtemps. En plein cœur du mois d’août déjà, les feuillus rougeoyaient et s’empourpraient dans un fascinant brasier de couleurs. Désormais la nature peut bien se figer, elle sait que le printemps viendra la réveiller.

Même la lumière a changé. A peine le soleil apparaît-il (un brin ensommeillé) qu’il repasse derrière l’horizon, dans une jolie symphonie rose ou bleue. Là-haut dans le grand Nord, le crépuscule sera bientôt permanent. Et il faudra vivre avec. Après tout, c’est le prix à payer pour jouir d’une luminosité totale en été.

J’aimerais être à Oslo, dans ses clairières orangées, au bord de son fjord gris ou le long de Bygdøy allé. Laisser mon regard se perdre aux fenêtres et apprécier, depuis la rue glacée, ces intérieurs chaleureux et ces vies tamisées.

Ou à des kilomètres de là, aux Lofoten. Marcher sur les plages grises, contre les vents tempétueux. Ceux qui redoublent de violence d’avoir été trop sages en été.

En somme, éprouver la nature d’automne, pour mieux l’aimer.